Irkoutsk : visite, rencontres et détour au lac Baïkal

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 25 Fév 2013   PUBLIÉ PAR Charlène

Voici la fin de notre aventure dans le transsibérien et nous voilà à Irkoutsk, nous cherchons maintenant un lieu pour nous loger.

Rencontre tombé du ciel

Pour bien situer le problème après 87H de train, 21h heure locale, aucune certitude sur l’endroit où dormir et Tania, la jeune fille du train nous propose de dormir chez un ami à elle : Anton. Elle nous mènera à lui en bus. D’ailleurs on a été surpris par le bus, en Russie on paye le bus en descendant de son arrêt et que ça ne soit que pour un arrêt plus loin ou toute la ligne, c’est le même prix. Donc nous prenons le bus avec impossibilité de voir où l’on va tellement il y a du givre. On descendra à un arrêt où Anton nous rejoindra. Anton est un étudiant Russe vivant à côté du centre-ville d’Irkoutsk, parlant un peu anglais et qui nous accueillera 5 nuits.

Le premier soir c’était censé être du provisoire, on a parlé de nombreuses choses comme la politique internationale, acteur… Nous demanderons à Anton ce qu’il pense de son gouvernement vu qu’il est en sciences politiques. Sa réponse est hésitante, il a enchaîné sur le président qui est omniscient et le meilleur que le précédent, puis nous avons dérivé sur la gestion des ressources de la Russie (gaz, pétrole, tourisme). Il n’a pas voulu s’attarder sur son pays. Il changea la conversation sur son incompréhension de la politique de l’OTAN et des Européens par rapport aux USA, que nous sommes dépendants des Américains. La conversation est très intéressante car grâce à sa culture et ses études, il est très cultivé. On parlera notamment des nombreux Mongols venant faire leurs études ici car les universités Russe seraient mieux, on sent un léger chauvinisme car selon ses dires c’est une chance pour eux de venir étudier en Russie. De ses paroles on ressent une certaine fierté d’être le Plus grand pays du monde.

Et 40 minutes plus tard à 23H son colocataire nous rejoindra : Max qui sera pour le moins réservé cette première nuit. Ne parlera que très peu et restera sur son ordinateur.

Anton sortira un matelas gonflable et nous dormirons dessus, enfin c’était sans compter le décalage horaire et la transition avec les nuits dans le train qui étaient très bruyantes. Le silence est perturbant. Il n’empêche que nous dormirons très bien, peu mais bien.

Le lendemain réveil à 9H30, Anton aura loupé son premier cours de la journée et nous amènera finalement à l’ambassade Mongol. Non sans lui demander si une nuit de plus était possible, il contactera son colocataire et nous offrira une nuit de plus à l’abri. Les matinées à Irkoutsk sont très froides à -20°C. Bien qu’étant bien habillé cela n’empêche pas de ne pas être habitué à de telles températures. À l’ambassade Mongol les formalités ne prendront guère de temps, le temps de remplir le formulaire et choisir la date pour recevoir le visa.

Nous irons par la suite dans un fastfood pour manger un peu et avoir du réseau. Quelques temps plus tard un Russe et son amie se retourne et se met à nous parler français. Nous les inviterons à notre table pour discuter d’un peu de tout. Ils font deux cursus en même temps, un en Russie et un autre avec l’école de Nice en France. Donc Sasha et Alex apprennent le Français et cette été iront en France pour leurs études. Nous échangerons avec eux mails et Facebook pour rester en contact.

Rencontre à IrkoutskLe soir nous avions décidé de rentrer à pied pour visiter un peu la ville, cela nous pris quand même 2h pour rentrer, non sans se tromper de quelques mètres. Et bien sûr nous n’avions pas convenu d’heure pour rentrer ni le code du bâtiment. Donc 20h un froid de canard et on est planté après deux heures de marches au pied de l’immeuble à crier « Anton, Max ! » pour venir nous ouvrir. 15 minutes plus tard Anton viendra nous sauver.

La soirée se passera très bien. Max s’ouvre à nous, nous échangerons beaucoup lors de cette soirée avec les deux colocataires. Max est un touche à tout : il joue de la guitare et du violon, parle anglais, russe, hébreux et français. Il nous demandera de l’aider à réapprendre un peu le français.

Visite à Irkoutsk

Le lendemain Max s’était proposé pour venir avec nous à la gare et nous servir d’interprète pour acheter les billets d’Irkoutsk. Après avoir montré nos copies de passeport nous achèterons nos deux billets pour Oulan-Bator. Max nous quittera pour aller à son université et nous choisirons de rentrer à l’appartement à pied tout en traversant toute la ville pour prendre quelques clichés. À 14H nous étions à l’appartement et notre sauveuse Tania viendra nous voir et nous faire visiter Irkoutsk. Elle nous montrera le Théâtre musical à l’architecture soviétique, puis l’emblème d’Irkoutsk, le philarmonique, quelques statues dont le fondateur de la ville, Lénine et quelques écrivains célèbres en Russie. Nous marcherons sur le fleuve de la ville Angara gelé à ses bords. Et après un dernier parc rempli de statues de glaces nous dirons au revoir à Tania, pour retourner à l’appartement.

Bâtiment IrkoutskÉtant le 3ème soir que nous dormions chez Anton et Max, alors qu’au début c’était pour une nuit, nous essayons de contacter quelques personnes pour nous héberger, nous expliquons la situation à Anton qui nous expliquera que ça ne le dérange pas et qu’il n’y a pas de problème à rester plus longtemps.

Le soir même nous gouterons un plat cuisiné par la maman d’Anton : des boulettes de viandes bouilli avec du riz et des noisettes. Nous expérimenterons aussi la télévision Russe en regardant un film le soir. Et là une vision d’effroi, ou plutôt une horreur à l’écoute, nous écoutons je pense le plus mauvais doublage au monde. On entend d’abord tout bas les répliques en anglais et en décalé plus fort et sans intonation les paroles en russe. Nous nous endormirons sur cette dernière impression.

Au matin nous partons à l’ambassade de Mongolie récupérer nos passeports avec les visas. Tout se passe bien en 5 minutes l’affaire est réglé et nous repartons. Nous profiterons du fastfood pour nous occuper du blog et envoyer quelques mails. Après quelques courses pour manger nous retournerons à l’appartement où nous passerons la soirée à discuter avec Anton et Max. Nous nous retrouvons à donner des cours de conjugaison française, un grand moment pour Fabien. Nous avons décidés de profiter des derniers jours pour aller au lac Baïkal juste avant de quitter la Russie. On en informe nos hôtes et demandons les renseignements pour les lignes de bus et le prix. Nous nous coucherons quand même à 2h du matin à force de discuter et autre.

Détour au lac Baïkal

Réveil bien difficile pour tout le monde, Max nous accompagnera jusqu’au bus pour le lac qui est à destination de Listvyanka, à 9H30 nous partons pour une heure de route. La route est défoncée, vallonnée et traverse des forêts de bouleau et de sapins. En sortant du van, la première impression sur le lac est impressionnante. C’est magnifique, gelé, grand et au petit matin un peu brumeux. La température est nettement différente d’Irkoutsk, on ressent plus fortement les -27°. Bien qu’étant très connu les abords du lac n’ont rien d’intéressant, ce n’est que restaurant, hôtel et une seule route pour rue. Au bout de deux heures de marches, ayant froid nous déciderons de rentrer.

Le lac BaïkalÀ l’appartement Anton nous laissera seul pour aller au cinéma à 17H et nous profiterons de l’accès internet pour nous tenir au courant de l’actualité, écrire à nos proches et le futur article. À 23H Anton rentrera et nous discuterons des habitudes des Russes. Lors des fêtes du nouvel an le pays est en arrêt total pendant deux semaines, personne ne travaille et tout le monde picole. Il n’est pas rare, comme nous en avons eu l’occasion, de voir des gens étalés par terre bourré. Ou selon Anton à ramper, chanter, vomir et pisser par les balcons. Il nous expliquera aussi que la carrière de policiers ne demande pas beaucoup de diplôme au contraire, on intègre les forces de police si on ne réussit pas à l’école. Nous avons souligné quelques autres différences par rapport à notre pays, les russes ne sont pas barbus ou poilus en général, quelques rares russes arboreront une moustache, mais aucune barbe à l’horizon. Ils boivent beaucoup de thé et à une température à faire fondre le verre.

Certainement à cause du froid, il y a énormément de bus, qu’ils soient des grands bus ou des mini vans, il y en a beaucoup. Sinon une tenue vestimentaire typique contre le froid pour les russes : il n’y en a pas ! Juste un t-shirt manche longue et une doudoune – bonnet – écharpe fera l’affaire. Autres différences les russes jonglent avec les vêtements du dehors et dedans. C’est-à-dire : ils ont une tenue pour l’extérieur et une pour l’intérieur et du moment qu’il rentre chez eux, ils se changent et garde à portée les vêtements extérieurs pour les mettre avant de sortir. Et le plus déroutant, leurs files d’attentes se font sur le côté, si il y a toute une rangée de guichet au lieu de faire plusieurs files d’attentes perpendiculaires au guichet, ils seront tous à la queue-leu-leu sur une seule ligne sur le côté.  Et enfin il n’empêche que la Russie pour ses habitants (selon Anton) est un grand project X (film générationnel parlant d’une fête ayant complétement perdu le contrôle) et sera fier de ce détail.

Samedi 23-02-13 dernier jour en Russie, qui commence par une grasse matinée. À 14h avec Anton nous irons nous balader dans la ville, il nous montrera deux ou trois endroits nouveaux notamment l’île sur le fleuve Angara. Puis nous irons attendre à l’appartement jusqu’au soir pour aller à la gare. Anton nous y amènera et Max nous y rejoindra, on en profitera pour faire une photo de groupe. Nos derniers moments sont pleins de rires.

Nos hôtes à IrkoutskDevant la gare une femme bourré est par terre et chante à tue-tête. Max nous fera rire avec sa phrase : « Now, you have seen the whole of Russia » (Maintenant vous avez vu tout ce qu’il y a voir en Russie). Les adieux se feront sur le quai, c’est difficile de les quitter et dire au revoir, mais on les remercie de tout cœur pour leur hébergement, le temps qu’ils nous ont donné pour nous faire visiter, explorer et comprendre un peu mieux l’idée de la grande Russie. Et nous monterons dans le Transmongolien direction Oulan Bator.

Prochaine étape donc Oulan Bator.

Photos Russie

Lara en Russie

 PS : nous savons où est passé Lara Fabian, apparemment elle ferait salle comble en Russie.

Mots clés utilisés pour trouver cet article

  • dormir à irkoutsk ou lac baikal

A propos de l'auteur

Charlène
Auteur du site voyage à 2 et passionnée de lecture Charlène n'en est pas moins une voyageuse. Elle commença à voyager avec son grand frère dans des pays tel que le Venezuela, la Jordanie, l'Égypte et d'autres... Avant de donner le virus à son compagnon : Fabien. Maintenant, elle effectue un tour du monde avec celui-ci et profite du site pour partager ses conseils et astuces sur le voyage à 2. Suivez-moi sur mon profil Google+

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8 Commentaires

Catherine
25 février 2013 à 10 h 28 min


Salut,

Fabien as tu cuisiné français pour tes hôtes Russes?

Merci à Anton et Max, pour votre accueils , si vous lisez le blog, je suis la maman de Fabien.

Bonne continuation, bisous
Maman

Megann
25 février 2013 à 13 h 55 min


Je vois que votre voyage se déroule bien. Vous avez fais de belles rencontres. Profitez bien. Bon courage pour la suite. On vous embrasse

Gilles
26 février 2013 à 18 h 08 min


Avec quelques collègues de travail, nous suivons vos aventures.
Merci de nous faire rêver.

    Charlène
    27 février 2013 à 2 h 32 min


    Nous sommes heureux de faire partager notre aventure. Nous aussi tout les jours c’est un peu comme un rêve. On espère continuer à le faire. Merci de nous lire.

Véro
27 février 2013 à 22 h 42 min


comme d’habitude je suis éblouis par tes articles
grosses bises à vous deux

    Charlène
    28 février 2013 à 3 h 23 min


    Merci on essaye de faire au mieux. Surtout que pour l’instant nous ne faisons pas de stop. Quand nous reprendrons le stop, il y aura tellement d’aventures que ça va être difficile d’en faire un résumé. Gros bisous à toi aussi

Alexandre
2 mars 2013 à 10 h 40 min


Vraiment impressionnant ! Et le climat, c’est quelque chose !
J’ai été regarder : l’amplitude thermique annuelle du lac Baïkal est énorme.
En moyenne -26°C en hiver et +19°C en été.

Votre périple à vraiment l’air super, bien qu’un peut dur.
J’attends le prochain article avec impatience 😉
Bon courage !

    Charlène
    2 mars 2013 à 14 h 20 min


    Certes il y a des moments plus difficiles que d’autres mais c’est ce qui fait le challenge. Et pour le coup au lac Baïkal nous avons vraiment senti le froid.

    On espère poster où commencer à écrire le prochain article après nos aventures en mongolie. Pas pour tout de suite en tout cas. Bisous à toi et merci pour ton soutien