Le transsibérien : anecdotes et rencontres dans le train

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 22 Fév 2013   PUBLIÉ PAR Fabien

Dans cet article nous résumons notre voyage dans le transsibérien, notre trajet Moscou – Irkoutsk.

Nous sommes le 15 février 2013, il est 0h10 à Moscou et nous nous apprêtons à monter dans le mythique Transsibérien. Le quai est noir de monde et il fait -4°C. Le train arrive enfin après quinze minutes d’attente, c’est un train interminable. On remonte tout le quai pour arriver à l’avant du train en 3ème classe, en passant on distingue à travers les vitres des wagons de la 1ère classe pour commencer. Puis au fur et à mesure qu’on avance, on constate une nette baisse de la qualité des couchettes et cabines jusqu’à notre voiture, qui s’avère être un seul dortoir. Mais nous savons qu’ici au moins nous allons faire des rencontres et que nous allons discuter avec la population.

Nous traversons le wagon en zigzag entre les passagers en train de s’installer, nous demandons où se trouve le numéro de la place sur le billet car tout est écrit en cyrillique et donc illisible pour nous. Le wagon est organisé en plusieurs box de 6 couchettes traversés par un couloir. Nous voilà à nos lits, ils sont tous les deux en haut de lits superposés. Nous n’avons pas trop de place mais c’est confortable. Avec nous, dans les lits du bas, 2 femmes russes d’une cinquantaine d’année. Nina et Olga, qui ne parlent pas un seul mot d’anglais comme beaucoup de russes que nous avons croisé. Olga est prof d’allemand nous réussirons à communiquer grâce à quelques mot qui se rassemble avec l’anglais, des gestes et des dessins sur notre cahier. Vu l’heure tout le monde se couche assez rapidement, mais le wagon est très chauffé, le contraste avec l’extérieur en est étouffant. Fabien restera un peu à la fenêtre pour se rafraîchir et profiter de la vue de la traversée de Moscou la nuit.

La première nuit dans le train fut relativement calme et malgré les mouvements incessants du train nous avons très bien dormi, il faut dire aussi que la visite de Moscou dans le froid nous avait bien fatigués. Le lendemain nous pouvons commencer à faire un semblant de connaissance avec Nina et Olga. Nous essayons autant que possible d’expliquer notre périple par des écrits et des gestes, elles ont l’air conquises par un tel projet. La discussion glisse sur des personnalités françaises. Les noms de Charles Aznavour, Patricia Kaas ou Garou seront évoqué. Avec les difficultés de compréhensions cette journée s’avéra un peu longue, nous finissons par jouer aux cartes puis nous allons nous coucher.

Le deuxième jour on commence à prendre conscience qu’on roule depuis maintenant plus de 30h toujours en direction de l’Est. On se rend un petit peu plus compte de l’immensité de ce que nous traversons, en France nous ne sommes pas habitué à ce genre de sentiments, un Paris-Marseille se fait en 3h en TGV. Ici nous faudra 87h (4 nuits et 3 jours) pour traverser uniquement les 3/4 de la Russie.

Les journées sont assez longues dans le train, la monotonie s’installe vite. On se balade dans le train, on regarde le paysage défilé, on mange, on dort.  Les paysages sont également très monotones, des forêts de bouleaux, des déserts sibérien, des forêts de sapins et on recommence. Les levers et couchers de soleil sur ces terres sont magnifiques.

SibérieNina nous initiera à un jeu de cartes plutôt populaire dans le train : le dourak, crétin en russe. Autant dire qu’une fois qu’on croit avoir réussi à comprendre les règles du jeu, d’autres s’ajoutent dans la partie et on se retrouve désemparé.

Rencontre à bord du transsibérien

L’avant dernier jour nous ferons la rencontre d’un groupe de jeunes Ouzbeks. Ils ont traversé leur pays, le Kazakhstan et sont en train de traverser la Russie pour rejoindre la côte Est et travailler. Nous apprendrons plus tard que la Russie embauche énormément d’Ouzbeks et de Kazakhs pour déneiger les toits et les rues. Étant donné que nous parlons encore moins l’ouzbek que le russe la communication sera très compliquée. Un seul a des petites notions d’anglais, on se posera donc des questions simples et nous essayons d’expliquer le projet à l’aide de la carte et de gestes. Au fil du temps nous tisserons des liens plus intéressant qu’avec les Russes du train. Ils nous ferons goûter un plat de chez eux, des morceaux de bœufs sec avec une légère sauce, très bon mais un peu pesant sur l’estomac. Nous leur ferons goûter notre pâté et notre camembert, ça n’aura pas un franc succès mais certain en ont repris. Plus tard dans la soirée nous ferons des tours de magies avec des cartes, ce qui a était assez drôle et ils nous offrirons plusieurs fois du thé.

Une fois la bande couché, un Ukrainien n’étant pas trop frais , sentant toujours plus ou moins la bière et la cigarette voulait absolument nous parler. Il parlait un peu anglais, ayant vécu à Londres 6 mois. Il nous proposera une bière que Fabien accepta. Puis deux sans proposition, il dira à Fabien que s’il est saoul après avoir bu beaucoup de bières c’est un bon Russe. Il nous parlera, notamment que selon lui il n’était pas conseillé de traîner avec les Ouzbeks. Il nous dira qu’ils étaient là pour le sale boulot et qu’ils sont à part. Pour prouver ses dires et son manque de respect, il s’assiéra sur une des couchettes d’un Ouzbek qui dort et mettra de la musique pour les réveiller.

Le dernier jour nous resterons une bonne partie de la journée avec les Ouzbeks à boire un peu de thé sans trop parler, justes quelques gestes mais on sent une bonne ambiance entre nous tous. Une chose est certaine, malgré le peu d’échange verbal nous nous souviendrons longtemps de ce groupe.

Rencontre dans le transsibérienQuelques heures avant d’arriver à la fin de notre périple nous ne savons toujours pas ou nous allons dormir et les températures la nuit approchant les -30°C ne nous permettent pas de dormir dehors. Une fille d’environ notre âge monte dans le train et s’assoie dans notre box, elle ne parle pas un mot anglais et essaye de nous parler grâce à son téléphone et Google Traduction. Nous arrivons à expliquer notre projet et nous lui demandons si elle peut nous héberger. Elle vit dans un dortoir d’étudiant, il lui est donc impossible de nous recevoir. On lui demande si elle connait un ami qui lui pourrait, il s’avéra que oui. Pour nous la page du mythique transsibérien est terminé, nous continuons notre histoire à Irkoutsk et au lac Baïkal.

Photos Russie

 

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  • transsibérien carnet de voyage

A propos de l'auteur

Fabien
Éditeur du site Voyage à 2, Fabien a commencé à voyager en février 2009 en Inde et ne s'est plus arrêté, Maroc, Finlande, Canada, USA, Italie, Ecosse. Aujourd'hui il voyage autour du monde en stop, bateau et train accompagné de sa moitié, Charlène. Ensemble ils partagent leurs expériences du voyage à 2 à travers récits et conseils. Suivez-moi sur mon profil Google+

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9 Commentaires

Damien
22 février 2013 à 21 h 33 min


Notre métro parisien est bien triste à côté du leur. Il a l’air de faire bien froid, je plains Charlène la frileuse, en revanche toi Fabien je sais que tu kiffes ça !

J’ai l’impression de voyager un peu avec vous, j’ai hâte au prochain article. Marlène et moi nous guettons régulièrement le blog.

A bientôt

    Charlène
    23 février 2013 à 4 h 44 min


    Chaque station est différente, certaines plus jolies que d’autres bien sur. Sinon pour le froid avec collant, leggins, grosse chaussettes et pantalon je m’en sors bien. Mon gros blouson de ski est extraordinaire pour ce temps. A part hier au lac Baïkal où on a eu réellement -27° en marchant pendant deux heures qu’on était transi, même Fabien tu imagines ?

    Ça nous fait plaisir en tout cas que vous nous suivait. Nous partons ce soir pour Oulan-Bator, et je vais m’occuper d’écrire le séjour à Irkoutsk. Et c’est le petit Fabien qui a écrit cet article, il se débrouille bien hein ? Bisous

    Fabien
    23 février 2013 à 5 h 09 min


    C’est vrai que je suis moins dérangé par le froid que Charlène mais quand on avoisine les -30°C j’ai hâte de me mettre au chaud. C’est d’ailleurs dommage avec un temps pareil on ne peut pas rester trop longtemps dehors et donc visiter comme on le souhaite, au bout d’un moment il faut rentrer alors qu’il reste plein de chose à faire. Donc c’est vrai qu’en France je préfère l’hiver à l’été mais là pour notre voyage c’est très contraignant. En revanche sous la neige c’est magnifique. Je pense que dans des pays plus chaud nous pourrons faire d’avantage de chose comme dormir à la belle étoile, nous balader dans les rues toute la journée et discuter d’avantage avec les gens.

    Sinon aussi pour reprendre ce que disais Charlène ça fait plaisir de voir que vous nous suivez et que vous commentez.

    A+

alexis bodet
22 février 2013 à 21 h 56 min


Et comme par hasard Fabien a accepté la bière

    Charlène
    23 février 2013 à 4 h 45 min


    Oui mais il a été puni, c’était pas de la bière froide. Et il s’est descendu 1L de bière en 15 min. ^^

    Fabien
    23 février 2013 à 5 h 00 min


    Une chance qu’on avait fait un certain entrainement avant de partir.

      Alexis
      23 février 2013 à 23 h 52 min


      je l’ai toujours dit, le secret c’est l’entrainement et de ce coté là nous avions pris une avance considérable.

      !!!Référence kaamelott (un peu modifié)!!!
      Ah non, ça c’est que nous. Parce qu’il faut être capable de boire en un temps record.
      Ah non, là-dessus on a une avance considérable.

Catherine
24 février 2013 à 14 h 22 min


Ah, bravo mon fils!!!!
Et toi Alexis tu l’encourage en plus.
A vous lire, nous constatons que le début de votre périple ce passe au mieux, j’en suis ravie.
Nous attendons avec impatient la suite, gros bisous.
Maman

philippe
25 février 2013 à 10 h 16 min


Salut les enfants le périple russe c’est bien passé la rencontre avec les gens est magnifique la suite sera encore mieux je n’ en doute pas, l’asie vous attend et les peuples asiatique sont chaleureux. A plus de vous lire. Papa